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QUOI

Appel à communications – Colloque final Asileurope, « Exil, genre et famille au XIXe siècle ». Colloque final de l’ANR AsileuropeXIX.

QUAND ET OU

5, 6 et 7 septembre 2019, Reims

SUJET

Les exils qui ont ponctué le long XIXe siècle, objets d’un profond renouvellement historiographique au cours des dernières années, ont été analysés comme un phénomène d’ampleur mondiale, qui a conduit des centaines de milliers de personnes à quitter leur foyer et à construire de nouvelles formes d’action depuis l’étranger. Ces mobilités contraintes ont donné lieu à des recompositions politiques et sociales, aussi bien dans les espaces de départ, de passage que d’accueil. La construction culturelle de la figure de l’exilé, abondamment héroïsée, a figé l’image d’un homme en butte à un ordre politique, y résistant par la migration et l’expatriation. Si cette image masculine du proscrit est restée prédominante, tant dans les représentations communes attachées à l’exil au XIXe siècle que dans de nombreux travaux d’historien.ne.s sur ce phénomène, il n’en reste pas moins que la réalité de l’exil, envisagé à la fois comme départ et comme séjour parfois prolongé à l’étranger, a été bien plus complexe. Les hommes n’étaient pas seuls à partir sous la contrainte ; les femmes et enfants, longtemps restés dans l’ombre de ces mouvements de populations, suivant des itinéraires sinueux et transnationaux, en ont pourtant été parties prenantes.

Plusieurs questions mériteront d’être soulevées au cours de ce colloque international qui se propose d’interroger l’histoire de l’exil au prisme de l’histoire des femmes et de l’histoire de la famille, en recourant aux apports heuristiques du genre, de la génération et de la classe d’âge :

Comment l’exil au XIXesiècle peut-il être interprété non seulement comme une migration politique, mais aussi comme un phénomène qui a contribué à éclater les familles et à disséminer les membres d’un même foyer, éparpillées parfois sur toute la surface du globe ? Quelles ont été les réponses opposées par les acteurs à de telles situations (tentatives de « regroupement familial » avant la lettre, écriture de correspondances, transfert d’argent) ?

Dans quelle mesure le départ des exilés – qui étaient le plus souvent des hommes – a pu conduire les femmes restées au pays à assumer de nouvelles fonctions politiques, économiques et sociales ? Les femmes ainsi séparées de leurs pères, conjoints ou frères, ont eu la charge de veiller à l’éducation des enfants, de gérer les patrimoines familiaux ou encore de protéger ceux-ci du risque de la mise sous séquestre ou de la confiscation.

Le départ forcé pour causes politiques conduisait généralement des hommes célibataires à prendre le chemin de l’étranger, même si cette configuration doit être nuancée selon les époques et selon les contextes nationaux/impériaux dont il sera question dans le cadre du colloque. Des femmes ont aussi suivi leurs époux ou compagnons en exil, ce qui nous amènera à nous poser la question des rapports de couple en exil ; d’autres sont parties seules, se forgeant par cette expérience une autonomie nouvelle. Sans chercher à proposer une galerie d’héroïnes de l’exil, on tentera de partir sur la trace de femmes, jusqu’ici restées anonymes, qui ont été forcées de quitter leur patrie et de se réinventer à l’étranger. On s’interrogera sur les activités liées au soin (care) ou à une répartition sexuée des rôles dévolus aux femmes en exil : soin médical apporté aux exilés malades, confection de drapeaux, organisation d’activités de charité…

Les enfants forment une autre population souvent négligée dans l’étude des cohortes d’exilé.e.s qui ont parcouru l’Europe et le monde au XIXesiècle. Comment peut-on jeter un éclairage sur les mineurs qui ont accompagné leurs parents dans ce voyage parfois sans retour, ou qui sont nés et ont grandi à l’étranger, posant aux autorités des espaces d’accueil la question de leur devenir, invitant les exilés eux-mêmes à imaginer des institutions éducatives d’un genre nouveau ?

Il paraît intéressant d’examiner la façon dont le statut marital des femmes comme des hommes, ainsi que la présence ou non d’enfants accompagnant leur exil, ont affecté les modalités de leur accueil. La question se pose aussi bien du point de vue des normes que des pratiques administratives. En quoi la présence d’un.e conjoint.e et, éventuellement, d’enfants transformait-elle les parcours, les modalités et les destinations de l’exil ?

Dans le cadre d’une approche sociale de l’exil, on pourra aussi s’interroger sur les conséquences de ces exils familiaux, et donc collectifs, sur les trajectoires et les stratégies des actrices et acteurs, en particulier sur leurs activités en situation d’exil. L’exil en famille suppose-t-il un retrait des affaires politiques ? une installation à long terme dans le pays d’accueil ? des stratégies d’intégration spécifiques à la société d’accueil ?

L’arc chronologique couvrira l’ensemble du XIXe siècle, depuis l’émigration postrévolutionnaire jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale. La question pourra être abordée à partir de la société de départ comme de celle d’arrivée ; une attention particulière sera portée aux propositions suivant des groupes allant de l’une à l’autre. Le programme AsileuropeXIX a jusqu’ici concentré ses travaux sur l’Europe mais les propositions concernant les espaces coloniaux et les autres continents seront particulièrement bienvenues.

ECHEANCE ET CANDIDATURE

Les propositions de communications (d’une longueur de 2 000 signes maximum, accompagnées d’une bio-bibliographie d’une page) seront envoyées à l’adresse mail asileurope@gmail.com pour le 15 janvier 2019. Elles pourront être rédigées en français ou en anglais. La réponse sera envoyée aux auteurs des propositions le 1er mars 2019. Les textes qui seront demandés par la suite pour la publication collective devront être rédigés ou traduits en français.


  WHAT

Call for Papers ‘Exile, Gender, and Family in the Nineteenth Century’ for the Closing conference of ‘AsileuropeXIX’, sponsored by the Agence Nationale de la Recherche

WHEN / WHERE

5-7 September 2019 in Reims, France

TOPICS

The forced migrations of the long nineteenth century, which caused hundreds of thousands of people to abandon their homes and construct new lives abroad, have recently been the subject of a rich historiographical revival and recognized as a truly global phenomenon. They reshaped the political and social landscapes not only of the spaces that exiles departed, but also those through which they passed and where they were finally

welcomed. The classic image of these exiles is that of a heroic man, beleaguered by a hostile political order that he resisted through migration and expatriation. Though this masculine picture remains predominant, both in popular perceptions of the nineteenth century and in the work of many historians of the subject, the reality was much more complex. Men did not go into exile alone; women and children, though often ignored, played major roles in these winding, transnational migrations.

This international conference will investigate the history of exile through the lenses of gender, generation, and age, with a particular focus on women’s history and the history of the family. Papers are welcome that address these and similar questions:

– How can exile in the nineteenth century be interpreted not just as political migration, but as a phenomenon that shattered families and scattered their members across the globe? How did such individuals respond to their dispersal (through attempts to reunite, written correspondence, financial transfers, etc.)?

– To what extent did the departure of exiles – who were most often men – lead women to assume new political, economic, and social roles? How did women thus separated from their fathers, husbands, partners, or brothers, take charge of the education of children, the running of households, or the protection of family assets threatened with sequestration or confiscation?

– Women also often followed their husbands or partners into exile and the conference will concern itself with the relationships of couples in exile. Other women migrated alone, often finding a new autonomy through this experience. Without wanting to simply create a gallery of exiled heroines, we hope to trace the paths of hitherto anonymous women who, in being forced to leave their countries, reinvented themselves abroad. We will also investigate the gendered roles that often devolved onto women in exile, including such activities as providing medical care to sick exiles, making flags for political events, or organizing charitable activities.

– Children constitute another often neglected group amongst the exiles of Europe and the world in the nineteenth century. What insights can be made about the minors that accompanied their parents on these sometimes permanent voyages? What challenges did those born or raised abroad pose to the authorities in their host societies regarding their future statuses or to their exiled parents in determining appropriate forms of education for their displaced children?

– It will be interesting to examine how the marital status of women and men, as well as the presence or absence of children accompanying them into exile, affected the types of welcome that exiles received., both socially and officially. How did the presence of spouses and children transform the routes, patterns, and destinations of exile?

– In approaching exile as a social phenomenon, we hope to investigate the particular dynamics of family life in exile. In what ways did families going into exile collectively impact the trajectories, strategies, and activities of the individuals members of those families? Were exiles living with their families more likely to retreat from political life? Did the needs of such families encourage exiles to remain in their new countries permanently or for noticeably longer than their single counterparts? What specific strategies of integration did families in exile adopt?

The conference will embrace the whole of the nineteenth century, from the emigrations that followed the French Revolution to the eve of the First World War. Papers may address the societies left behind by exiles as well as their destination and host societies, and particular attention will be paid to proposals that cover both ends of these migrations.

Until now AsileuropeXIX has concentrated its work on Europe, but it particularly welcomes proposals concerned with colonial spaces and the non-European world.

APPLICATION & DEADLINE

Paper proposals (of a maximum length of 2,000 characters, accompanied by a one-page biographical sketch and list of the author’s publications) should be submitted by mail at asileurope@gmail.com by 15 January 2019.

Proposals will be reviewed and authors can expect to hear back from the conference committee by 1 March 2019.

Presentations may be read in either English or French. Texts subsequently requested for collective publication must be written in or translated into French.


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