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QUOI

Appel à participation du cycle Journée de recherche interdisciplinaire de l’IUT de Sceaux « Ma recherche pour les autres » sur le thème “Transitions : évolution, révolution, disruption ? Les transformations du monde, entre crises et opportunités

QUAND ET OU

Vendredi 14 juin 2019, Sceaux (FR).

SUJET

« Ma recherche pour les autres » est une journée de recherche interdisciplinaire qui vise à donner l’occasion à des chercheurs de partager leurs connaissances avec une double exigence : une exigence scientifique et une exigence de vulgarisation. Cette double exigence repose sur un triple pari :

o Parler simplement d’un sujet pointu n’est pas le gage d’une moindre maîtrise scientifique mais est, au contraire, le signe d’une bonne connaissance de son domaine de recherche.

o L’expérience montre que le croisement disciplinaire autour d’une thématique commune est toujours l’occasion de débats riches en idées nouvelles et en échanges féconds. Elle donne à chacun.e l’opportunité de décloisonner sa discipline et de découvrir des terres inexplorées, à même d’enrichir sa réflexion.

o La recherche scientifique a aussi vocation à être disséminée au-delà de la sphère de la communauté scientifique. Pour cette raison, cette journée de recherche est l’occasion pour des chercheurs de présenter leurs travaux devant un large public (autres chercheurs, enseignants, étudiants, personnel administratif, public extérieur).

L’appartenance disciplinaire n’a pas d’importance ; elle peut relever aussi bien des sciences formelles (chimie, informatique, mathématiques, physique, etc.) ou de la nature (agronomie, biologie, géologie, etc.) que des sciences humaines et sociales (philosophie, sociologie, psychologie, économie, gestion, histoire, etc.). La finalité d’une telle journée est d’ouvrir de nouveaux champs de réflexion pour chacun.e et de décloisonner les approches méthodologiques et les disciplines scientifiques. L’objectif est de nous donner à penser autrement et différemment nos propres champs de recherche. Tel un laboratoire d’idées, ce moment partagé doit permettre de faire émerger une pluralité de définitions établies, de défricher ensemble de nouveaux possibles, d’interroger nos certitudes et d’élaborer des pistes nouvelles de réflexion. Toutes les contributions sont donc bienvenues avec un seul impératif : rendre accessibles ses connaissances pour qu’elles puissent être l’objet de discussions et d’interrogations de la part de chacun.e, avec la bienveillance indispensable à un échange fécond et constructif.

Chaque année, un thème fédérateur est donc choisi par l’ensemble des enseignants-chercheurs de l’IUT de Sceaux. Le thème de cette année est consacré à la transition. Transitions : évolution, révolution, disruption ?

La notion de « transition » annonce l’idée d’un moment, d’une période, d’une phase particulière entre deux états stables ou, à défaut, qui ont déjà leur propre structure. Transitorius signifiait en latin « qui offre un passage » et qui est « passager, court », et provenait de transire, c’est-à-dire « passer de l’autre côté ». En français, elle renvoie aux substantifs suivants : transitoire, transit… et a pour adjectifs synonymes « passager, éphémère, temporaire… ». La transition ne dure donc pas : elle n’a qu’un temps donné que chacun, dans son for intérieur, a tendance à préférer le plus court possible. De prime abord, la transition n’est pas agréable ; elle renvoie à l’incertitude du moment, de la vie, de cette part de nous-même et du monde que nous ne connaissons pas, qui nous échappe, pour tout ou partie. Elle peut mener vers le bien ou du moins le meilleur, comme elle peut conduire au mal ou au pire. Il est des transitions silencieuses – vieillir – et d’autres plus perceptibles – naître ou mourir. Il en est des douces et d’autres plus violentes.

Alors que la philosophie occidentale se fonde sur la notion de dualité (l’Etre et le non-Etre), Platon ne disait-il pas « je suis assis, puis je marche » ?, la philosophie orientale, et particulièrement chinoise, nous emmène du côté du chemin, du passage, du lien entre ces deux états (cf. Tchouang Tseu, Aphorismes). Ainsi, « On sort d’une pensée du « sujet » et de l’identité, pour penser le renouvellement continu du monde » (Jullien, Télérama, 31 déc. 2009). Dans cette logique, la transition n’est plus un passage d’un état à l’autre, mais une sorte de continuum, plus ou moins rapide, doux ou brutal, qui s’inscrit dans un flux continu de transformation du monde. Il n’est alors plus possible d’imaginer la transition comme une scorie, une sorte d’erreur de l’histoire, mais plutôt comme un mouvement perpétuel propre à notre condition humaine. La transition serait donc un moment de transformation, d’évolution, aussi naturel que le cycle biologique. La transition peut être voulue ou subie, décidée ou imposée, anticipée ou précipitée ; elle peut également être personnelle, collective, humaine, sociale ou naturelle (au sens de la Nature).

Notre époque serait-elle celle de « la grande transformation » (Polanyi, 1944) ? Celle où nous devons repenser des champs entiers de notre rapport au monde ; l’épuisement des ressources naturelles, la croissance démographique et les flux migratoires, le développement d’intelligences artificielles, le délitement du sens dans les organisations, la « tyrannie de l’urgence » (Laïdi, 1999) nous imposent un renversement des perspectives. Ainsi, nous ne sommes désormais plus « comme possesseurs et maitres de la nature » (Descartes, 1637) mais devenons ses humbles serviteurs et sommes amenés à en prendre soin pour notre propre humanité.

Cette ère de l’anthropocène, que nous initions depuis une vingtaine d’années, n’est-elle pas une quatrième révolution de notre système de pensée ? Après la révolution copernicienne (passage du géocentrisme à l’héliocentrisme), la révolution darwinienne (l’homme s’inscrit dans une lignée animale), la révolution freudienne (le rôle majeur de l’inconscient) qui, chacune à leur façon, nous ont amené à reconsidérer nos constructions et nos représentations mentales, nous pouvons imaginer aborder aujourd’hui une quatrième ère de l’humanité, prise entre la toute-puissance des technologies et la finitude de nos ressources naturelles, qui nous rendent tout à la fois puissants et vulnérables.

Les transitions que nous vivons actuellement sont tellement rapides qu’elles mèneraient à un véritable phénomène de disruption (Stigler, 2016) : les évolutions technologiques, de plus en plus rapides depuis la révolution numérique, bouleversent la société toute entière. Le terme de disruption, issu du verbe latin disrumpere, signifie briser en morceaux, faire éclater, rompre, détruire. Phénomène que l’on retrouve en physique, ce concept de disruption impacte aussi la société et les organisations. Correspondrait-il à un nouveau rapport de l’individu au temps dans notre société contemporaine ? Quels sont ses effets sur l’individu et la société ?

Les transformations du monde : entre crises et opportunités ?

Cet état des lieux peut mener au pessimisme et au défaitisme. Elle peut nous donner le sentiment d’une impuissance face à la multitude et à la complexité de ces différents champs, imbriqués les uns avec les autres. Elle peut aussi nous donner l’occasion de repenser à la fois notre propre rapport au monde, à la nature, aux autres et nous amener à agir autrement et différemment. Le développement de nouveaux concepts (décroissance, économie du partage, redécouverte des communs, …) et de nouvelles pratiques (économie circulaire, permaculture, …), les tentatives de (ré)inventer les organisations (adhocratie, entreprises libérées, …), l’émergence d’autres rapports à soi et aux autres (méditation, communication non-violente, etc.) sont autant de pistes de réflexion et d’action qui peuvent être mobilisées au cours de cette journée.

L’enjeu est ici tout à la fois de faire partager de nouveaux champs de connaissances ou d’expérimentation que de produire une pensée en action par le jeu et la liberté des échanges que nous offre une telle journée… et auxquels nous tenons !

Ainsi par exemple, que peuvent nous enseigner la psychologie ou les sciences de l’éducation en matière de transition ? Le choix de l’orientation scolaire, des études, l’insertion dans le monde du travail, la reconversion professionnelle constituent autant de transitions qui sont au cœur des travaux des chercheurs relevant de ces deux champs. Comment notamment favoriser le développement de ressources psychologiques et cognitives (gestion des émotions, résilience, proactivité, planification) propices à développer des capacités d’adaptation nécessaires pour faire face aux situations de transitions ?

Au-delà de l’approche individuelle, la transition concerne toute la société. Que peuvent nous apprendre la sociologie ou les sciences politiques sur ces transitions, écologiques, démographiques, numériques … ? Comment le droit peut-il anticiper ou accompagner les transitions ? De nombreux travaux en économie portent également sur la question du développement et des économies dites « en transition » ; par ailleurs, de nouvelles formes d’économie sont-elles possibles, comme l’économie du partage ou l’économie circulaire, véritable levier de la transition écologique ? La transition n’est-elle pas aussi politique et quelles opportunités et quels risques comporte-t-elle ?

En histoire ou en archéologie, l’objectivation du temps aboutit à des périodisations comportant ruptures et continuités. Cette approche conduit à l’identification de périodes de transition qui peuvent varier selon la « focale » que le chercheur applique à son objet d’étude. Comment identifie-t-on ces transitions ? Quels sont leurs rythmes ? A quel moment se produit la rupture ? La géographie ou l’ethnologie peuvent également apporter des éléments de compréhension de ce concept, au travers, par exemple, de l’analyse des transitions démographiques ou des transformations culturelles (acculturation, inculturation, etc.). L’agronomie est aussi une bonne illustration des transitions possibles dans les techniques et les modes de représentation de ce que doit être l’agriculture de demain.

Les sciences formelles, telles les mathématiques ou la physique, peuvent aussi être mobilisées. En physique, une transition de phase désigne la transformation d’un système qui, suite à la variation d’un paramètre de contrôle externe (température, champ magnétique…), passe d’une phase (ou d’un état) vers une autre. Comment la physique peut-elle nous aider à réfléchir sur la notion de valeur-seuil (ou de valeur « critique ») qui déclenche la transition ? La théorie des catastrophes peut-elle aider à penser la disruption ?

Cette journée de recherche s’inscrit donc dans une transdisciplinarité revendiquée, dans la mesure où, comme nous y invite Edgar Morin (1990), il est fécond de relier les connaissances entre elles, de les « tisser » ensemble afin de mieux appréhender la complexité et la pensée multidimensionnelle.

ECHEANCE ET CANDIDATURE

Vous pouvez participer à cette journée de recherche de deux façons :

– Sous forme d’une communication. Ce format correspond aux standards habituels des colloques où vous présentez votre travail accompagné d’échanges avec le public, dans un temps limité.

– Sous forme d’un poster. Ce format, particulièrement – mais pas exclusivement – adapté aux doctorants, vous permet d’afficher, de façon attractive, structurée et concise sur un papier A3 les grandes lignes de votre recherche (par exemple, Introduction, Matériel et méthodes, Résultats, Discussion/Conclusion). Votre poster est affiché durant la journée. La session dédiée aux posters (1h environ) vous permet d’expliquer votre recherche aux personnes intéressées durant ce créneau. L’objectif est de permettre au lecteur de repérer les éléments essentiels de votre étude d’un seul coup d’œil (entre 30 secondes et 5 minutes) ; il doit donner envie au lecteur d’engager une discussion avec vous. Pour en savoir plus, vous pouvez regarder le guide réalisé par la Faculté polytechnique de Mons.

Si vous souhaitez participer à cette journée, vous devez envoyer votre projet de communication (2 pages maximum) en précisant le format choisi (communication ou poster) à anne.janand@u-psud.fr et nicolas.praquin@u-psud.fr avant le 6 mai 2018. Vous serez averti avant le 20 mai 2018 si votre communication est retenue ou pas. Votre projet doit notamment comporter l’indication de votre spécialité scientifique, vos coordonnées, votre laboratoire de recherche et votre institution de rattachement.


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